La Guyane s’engage dans une transition énergétique ambitieuse avec un objectif de mix électrique 100% renouvelable d’ici 2027, inscrit dans sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Selon les données rapportées par RFI (25 août 2025) et La Croix (2 août 2025), le territoire affichait déjà fin 2022 un mix électrique composé à 73% d’énergies renouvelables, grâce notamment au barrage hydroélectrique de Petit Saut qui fournit entre 40% et 70% de l’électricité du territoire. Ce constat favorable n’empêche pas la collectivité territoriale de poursuivre une décarbonation active, portée par le développement de centrales photovoltaïques, de centrales à biomasse et de projets innovants couplant production solaire et stockage. (source)
📑 Table des matières
- Cadre réglementaire et objectif 100% énergies renouvelables
- Stockage par batteries : un appel d’offres de 30 MW lancé par la CRE : le projet photovoltaïque
- La centrale hybride de Kaw : un précurseur historique : le projet photovoltaïque
- Opportunités et défis pour les porteurs de projets photovoltaïques : le projet photovoltaïque
- Perspectives 2027-2033 : vers une autonomie énergétique
Plusieurs projets photovoltaïques majeurs sont actuellement en cours en Guyane. La société CEOG (Centrale Électrique de l’Ouest Guyanais), portée par Hydrogène de France (HDF Energy), prévoit une centrale photovoltaïque couplée à un stockage d’hydrogène sur la commune de Mana, dans l’ouest guyanais. Selon Le Figaro (29 septembre 2021), cet investissement de 170 millions d’euros constitue une première mondiale : il s’agit de la première centrale au monde à hydrogène vert produisant une énergie non intermittente, capable de fournir une électricité stable et continue, de jour comme de nuit. Le site gouvernemental guyane.developpement-durable.gouv.fr confirme que le projet, situé sur les communes de Mana et Saint-Laurent-du-Maroni, a fait l’objet d’une enquête publique pour son autorisation environnementale.
Découvrir aussi : Tuile solaire photovoltaïque aux Antilles : le guide complet
Parallèlement, Voltalia développe la centrale hybride de Sainte-Anne, implantée à Mana, qui associe 43 MW de panneaux photovoltaïques à un système de stockage par batteries lithium-ion d’une capacité de 135 MWh, complété par 7 MW de groupes électrogènes fonctionnant au biocarburant HVO1. Selon le site lechodusolaire.fr (27 janvier 2026), cette centrale produira environ 50 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique de 50 000 habitants, tout en évitant l’émission de 45 300 tonnes de CO₂ annuellement. Les travaux ont débuté à l’été 2025 pour une mise en service prévue en 2028.
Cadre réglementaire et objectif 100% énergies renouvelables
La Guyane, territoire non interconnecté (ZNI) au réseau électrique continental métropolitain, dépend entièrement de sa propre production électrique. Cette particularité impose une autonomie énergétique totale et rend la sécurité d’approvisionnement critiq
Découvrir aussi : Kit solaire anti coupure en Martinique : le guide complet 20
ue. La PPE guyanaise, co-élaborée par les services de l’État et les autorités locales pour une période de cinq ans avec une vision à 10 ans, constitue l’outil de pilotage de cette transition.

Le rapport de La Croix (2 août 2025) précise que la PPE prévoit d’augmenter d’ici 2033 la part du solaire de 61 mégawatts (MW), alors que le photovoltaïque fournit déjà 7% de la consommation électrique en 2024. La puissance garantie de la biomasse solide sera augmentée de 10 MW et la valorisation des déchets entre 6,9 MW et 12,9 MW. L’énergie éolienne devrait fournir 20 MW, à condition que l’armée, qui protège le centre spatial de Kourou avec ses radars, lève son veto. Les éoliennes peuvent en effet perturber les radars militaires, ce qui crée une zone d’exclusion contraignante pour le développement de cette filière.
La centrale du Larivot : 700 millions d’euros d’investissement
Le projet le plus emblématique de la PPE reste la centrale EDF du Larivot, avec ses 120 MW de puissance prévue. Ce projet de 700 millions d’euros, le plus gros investissement actuellement en Guyane, est en cours de construction près de Cayenne après avoir été longtemps contesté en justice. La centrale du Larivot doit à terme remplacer la vieille centrale thermique de Dégrad-des-Cannes, très polluante. Pierre Ca
Découvrir aussi : Stockage d’énergie solaire en Martinique : le guide co
zelle, chef du département transition énergétique de la Collectivité territoriale de Guyane, précise dans La Croix que le Larivot sera utilisé « a minima » comme « un moyen de sécurisation du réseau et pas de production », le temps que les projets d’énergies renouvelables sortent de terre. À l’horizon 2033, le Larivot ne devrait représenter qu’une part résiduelle du mix électrique.
Stockage par batteries : un appel d’offres de 30 MW lancé par la CRE : le projet photovoltaïque
Le stockage d’électricité constitue un levier essentiel de la transition énergétique en Guyane. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le 11 juin 2026 une délibération précisant les modalités d’un guichet de soutien au stockage d’électricité par batteries dans le territoire guyanais. Selon pv-magazine France (25 juin 2026) et lechodusolaire.fr, ce guichet est plafonné à 30 MW avec une durée de stockage de deux heures. Les porteurs de projets ont jusqu’au 15 juin 2027 pour déposer leur dossier.
Les projets devront afficher un objectif de disponibilité de 97,5%, un rendement opérationnel de 83%, une durée de contrat de 15 ans et 500 cycles par an. La CRE sélectionnera les projets les plus efficients jusqu’à atteindre le volume maximal de 30 MW. Comme le souligne GreenUnivers (25 juin 2026), ce guichet s’inscrit dans une dynamique plus large : après la Corse et la Guadeloupe, la Guyane devient le troisième territoire ZNI à bénéficier d’un tel dispositif de soutien au stockage.
Pourquoi le stockage est-il crucial en Guyane ?
La faible résilience du réseau guyanais et le déséquilibre entre les zones de production (barrage de Petit Saut et ouest guyanais) et les zones de consommation (boucle de Cayenne) justifient l’installation de batteries. En fournissant un service de réserve primaire dans la boucle de Cayenne, les batteries limiteraient les contraintes de transit et le recours à la centrale thermique du Larivot. Deux services seront valorisés par la CRE : le report de charge (arbitrage), qui consiste à prélever de l’électricité sur le réseau lorsque les coûts de production sont faibles pour la restituer lors des périodes de pointe, et la réserve primaire, qui participe à la stabilité du réseau.
La centrale hybride de Kaw : un précurseur historique : le projet photovoltaïque
La Guyane possède une expérience ancienne en matière de centrales solaires hybrides. Selon la fiche de la CRE consacrée à la centrale hybride de Kaw, située au cœur d’une réserve naturelle accessible uniquement en pirogue, une première centrale photovoltaïque de 35 kWc avait été construite dès 1983. Elle constituait alors un exemple novateur et précurseur en matière de production d’énergies renouvelables, permettant de fournir de l’électricité à un village isolé d’une cinquantaine d’habitations.
Après une période de mise en sommeil entre 2003 et 2009, la Région, le Département, l’ADEME et EDF SEI ont décidé de construire une nouvelle centrale plus moderne. Avec une puissance installée de 100 kWc de panneaux solaires, un complément thermique d’appoint de 80 kVA et une capacité de stockage sur batteries de 1 250 kWh, cette centrale permet une autonomie sur le solaire d’environ 2,5 jours. Elle reste l’une des plus grandes centrales en site isolé de ce type dans le monde, intégrant une part importante de production photovoltaïque locale et 2 500 compteu
Opportunités et défis pour les porteurs de projets photovoltaïques : le projet photovoltaïque
ovoltaïques
Le contexte guyanais offre des opportunités significatives pour les porteurs de projets photovoltaïques, mais s’accompagne de défis spécifiques liés à l’isolement du territoire, à la présence de la forêt amazonienne et aux contraintes liées à la base spatiale de Kourou. La croissance démographique de la Guyane, l’une des plus fortes de France selon l’Insee, entraîne une augmentation continue des besoins énergétiques, créant un marché favorable au développement des énergies renouvelables.
Aides et financements disponibles
Les projets photovoltaïques en Guyane peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs de soutien. Le guichet de stockage de la CRE offre un cadre réglementaire clair pour les projets couplant production solaire et stockage par batteries. Voltalia a par exemple ouvert un financement participatif via Lendopolis, d’un montant pouvant atteindre 5 millions d’euros, incluant une émission spécifique de 500 000 euros réservée aux habitants de la Guyane à des conditions préférentielles. L’ADEME accompagne également la transition énergétique en Outre-mer à travers des aides financières spécifiques, comme l’illustre l’implication de l’agence dans le projet de la centrale de Kaw.
L’hydrogène vert : une technologie d’avenir pour la Guyane
Le projet CEOG porté par HDF Energy illustre le potentiel de l’hydrogène vert comme solution de stockage de l’énergie solaire. En couplant une centrale photovoltaïque à un stockage d’hydrogène, le projet permet de produire une électricité stable et continue, résolvant le problème fondamental de l’intermittence des énergies renouvelables. Selon Le Figaro, HDF Energy, créée en 2012, dispose d’un contrat d’exclusivité avec le canadien Ballard Power System, leader mondial des piles à combustible. L’entreprise française prévoit de fabriquer ses propres piles à combustible sur son site industriel. La Tribune (1er août 2026) rapporte toutefois que HDF Energy a renoncé à un tiers de ses projets et priorise la mise en service de la centrale CEOG, soulignant les défis économiques de cette technologie innovante.
Perspectives 2027-2033 : vers une autonomie énergétique
L’objectif de 100% d’énergies renouvelables en 2027 constitue un défi ambitieux pour un territoire de 300 000 habitants en forte croissance démographique. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), par la voix de son représentant en Guyane Arnaud Flament, salue la trajectoire de la PPE tout en regrettant la part laissée au biocarburant importé : la future centrale du Larivot fonctionnera à la biomasse liquide à partir de colza, nécessitant l’importation de 100 000 tonnes par an depuis l’Hexagone, faute de filière de production locale.
Le second objectif de la PPE, l’autonomie de production électrique à l’horizon 2030, complète la trajectoire de décarbonation. Les projets photovoltaïques en cours — CEOG, Voltalia Sainte-Anne, centrales hybrides — ainsi que le développement du stockage par batteries soutenu par la CRE, contribuent à cette double ambition. Avec 61 MW supplémentaires de solaire prévus d’ici 2033, le photovoltaïque jouera un rôle déterminant dans l’atteinte de ces objectifs.
Pour les entreprises, les collectivités et les particuliers basés en Guyane, le développement des projets photovoltaïques représente une opportunité concrète de participer à la transition énergétique du territoire. Les dispositifs de soutien existants, l’engagement des autorités locales et la maturité technologique du couplage solaire-stockage créent un écosystème favorable au déploiement de nouvelles installations. La Guyane, territoire pionnier de l’énergie solaire depuis 1983, continue d’innover et de tracer la voie vers un mix électrique entièrement décarboné.