Centrale solaire

Centrale photovoltaïque en Guadeloupe : le guide complet 2026

Centrale photovoltaïque en Guadeloupe : le guide complet 2026 pour comprendre le boom du solaire

La Guadeloupe accélère sa transition énergétique. En février 2026, TotalEnergies a été désignée lauréate de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) lancé en 2023 par la Société Aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbes (SAGPC) pour construire une centrale photovoltaïque de 6,5 MWc sur le site de l’aéroport international Guadeloupe Maryse Condé. Avec près de 14 000 modules photovoltaïques, cette installation produira plus de 11 GWh d’électricité renouvelable par an, ce qui en fera l’une des centrales solaires les plus importantes de Guadeloupe. Le projet prévoit que 2,5 MWc soient dédiés à l’autoconsommation de l’aéroport, couvrant jusqu’à 30 % de sa consommation électrique annuelle, et évitera l’émission de 3 400 tonnes de CO₂ par an. (source)

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large : la Guadeloupe est une Zone Non Interconnectée (ZNI), ce qui signifie qu’elle doit produire sur place l’électricité qu’elle consomme. En 2023, environ 65 % de l’électricité produite en Guadeloupe provenait encore de combustibles fossiles, principalement du fioul et du charbon. Depuis 2025, la conversion à la biomasse de la dernière centrale charbon a fait chuter cette part autour de 50 %. La transition est engagée, mais elle reste incomplète. L’étude prospective menée par l’ADEME confirme que les p

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s d’énergies renouvelables disponibles en Guadeloupe permettent d’atteindre un niveau d’autonomie très élevé dans des conditions économiques compétitives par rapport à la situation actuelle.

Le photovoltaïque constitue le principal gisement énergétique de la Guadeloupe. L’ADEME estime qu’environ 1 000 MW pourraient être mobilisables d’ici 2050, qu&rsqu

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o;il s’agisse d’installations en toiture, d’ombrières de parking, d’agrivoltaïsme ou de centrales au sol. Ce potentiel représente environ quatre fois la puissance appelée aujourd’hui lors des pics de consommation en Guadeloupe. Face à ce gisement considérable, les projets de centrales photovoltaïques se multiplient sur le territoire, portés par les acteurs publics et privés.

Le projet de centrale solaire de l’aéroport Maryse Condé : un modèle pour la Guadeloupe

La centrale photovoltaïque de l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé illustre parfaitement la dynamique en cours. Implantée sur une emprise foncière jusqu’alors inutilisée, l’installation affichera une puissance de 6

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centrale photovoltaïque : illustration
centrale photovoltaïque : illustration

,5 MWc grâce à près de 14 000 modules photovoltaïques. Sa production annuelle de 11 GWh correspond à la consommation d’environ 7 000 habitants, soit près de 13 % de la population de la commune des Abymes. Sur cette capacité totale, 2,5 MWc seront directement dédiés à l’autoconsommation de la plateforme aéroportuaire, permettant de couvrir jusqu’à 30 % de ses besoins électriques annuels.

Au-delà de l’enjeu environnemental, la centrale solaire s’inscrit dans une dynamique de développement économique local, avec des retombées attendues en matière d’emplois lors des phases de construction et d’exploitation. Alain Bièvre, Président du Directoire de l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé, souligne que ce partenariat permettra à la plateforme de « franchir une nouvelle étape significative dans sa nécessaire transition écologique, en devenant, grâce à cette nouvelle centrale photovoltaïque de dimensions exceptionnelles, une plateforme aéroportuaire à énergie positive ».

Côté développeur, Olivier Wattez, directeur adjoint Développement Outre-mer de TotalEnergies Renouvelables France, rappelle que « ce projet illustre parfaitement notre volonté d’accompagner la transition énergétique de la Guadeloupe, en nous appuyant sur notre présence historique dans la région et notre expertise dans les énergies renouvelables ». TotalEnergies dispose actuellement de 23 sites opérés (éolien et solaire) en Guadeloupe, pour une puissance cumulée de plus de 68 MW à fin 2025. Cette présence fait du groupe un acteur majeur de la production d’électricité renouvelable sur le territoire.

Pourquoi la Guadeloupe a-t-elle besoin de centrales photovoltaïques ? : le centrale photovoltaïque

Une dépendance aux énergies fossiles encore forte

La situation énergétique de la Guadeloupe se caractérise par son statut de Zone Non Interconnectée (ZNI). Contrairement aux régions de l’hexagone, le territoire n’est pas relié au réseau électrique continental et doit donc produire l’intégralité de son électricité localement. Or, en 2023, environ 65 % de cette électricité provenait de combustibles fossiles importés — principalement du fioul et du charbon. Cette dépendance expose le territoire aux fluctuations des prix internationaux tout en générant des émissions élevées de gaz à effet de serre.

La conversion à la biomasse de la dernière centrale charbon, effective depuis 2025, a permis de faire baisser la part des énergies fossiles autour de 50 %. Néanmoins, la transition reste incomplète. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte fixe aux ZNI un objectif d’autonomie énergétique, avec des échéances qui, pour la plupart, se situent à 2030. La Guadeloupe doit donc accélérer le déploiement des énergies renouvelables, et en particulier du photovoltaïque, pour atteindre cet objectif.

Un gisement solaire exceptionnel

L’ensoleillement de la Guadeloupe constitue un atout majeur. L’île bénéficie d’un rayonnement solaire important tout au long de l’année, ce qui en fait un territoire particulièrement propice au développement du photovoltaïque. L’ADEME, dans son étude prospective sur l’autonomie énergétique de la Guadeloupe à l’horizon 2050, identifie le photovoltaïque comme le principal gisement renouvelable du territoire, avec environ 1 000 MW mobilisables d’ici cette échéance.

Ce potentiel peut être exploité sous de multiples formes : installations en toiture sur les bâtiments résidentiels et tertiaires, ombrières de parking photovoltaïques dans les zones commerciales et aéroportuaires, projets d’agrivoltaïsme combinant production électrique et activité agricole, et bien sûr centrales photovoltaïques au sol sur des terrains disponibles. À titre de comparaison, ce potentiel de 1 000 MW représente environ quatre fois la puissance appelée aujourd’hui lors des pics de consommation en Guadeloupe, ce qui démontre la marge de progression considérable d

Les centrales photovoltaïques en Guadeloupe : un écosystème en plein essor : le centrale photovoltaïque

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Au-delà du projet emblématique de l’aéroport Maryse Condé, plusieurs acteurs se positionnent sur le marché des centrales photovoltaïques en Guadeloupe. TotalEnergies, avec ses 23 sites et 68 MW de puissance cumulée fin 2025, fait figure de leader. Mais d’autres développeurs et installateurs contribuent également au déploiement solaire sur le territoire, qu’il s’agisse de projets au sol, de toitures solaires ou de centrales de type autoconsommation.

Les autorités locales et nationales accompagnent cette dynamique à travers des dispositifs de soutien adaptés aux ZNI. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) intègre des objectifs spécifiques pour les territoires non interconnectés, et des appels d’offres réguliers sont lancés par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) pour développer de nouvelles capacités de production renouvelable. Le dernier appel d’offres de la CRE en Guadeloupe a notamment retenu des projets de stockage totalisant 64 MWh, témoignant de la prise en compte croissante de l’aspect stockage dans la transition énergétique insulaire.

Autoconsommation et centrales photovoltaïques : quelles économies ?

Le modèle de l’autoconsommation, illustré par le projet de l’aéroport Maryse Condé, représente une approche particulièrement pertinente pour la Guadeloupe. En consacrant 2,5 MWc de la centrale à l’autoconsommation, l’aéroport pourra couvrir jusqu’à 30 % de sa consommation électrique annuelle. Cette logique s’applique également aux entreprises et aux particuliers : produire sa propre électricité solaire permet de réduire la dépendance au réseau et de baisser la facture énergétique.

Dans le contexte guadeloupéen, où l’électricité reste majoritairement d’origine fossile et coûteuse du fait de l’importation des combustibles, l’autoconsommation solaire offre un double avantage. D’une part, elle réduit la facture énergétique du producteur-consommateur. D’autre part, elle participe à la décarbonation du mix électrique insulaire. Les dispositifs d’aides spécifiques aux ZNI, comme les primes à l’autoconsommation, rendent ces projets de plus en plus rentables pour les acteurs économiques guadeloupéens.

La trajectoire vers 2050 : un système électrique 100 % renouvelable

Quatre scénarios étudiés par l’ADEME

L’étude prospective de l’ADEME a exploré quatre scénarios de transition pour la Guadeloupe. Deux objectifs ont été analysés : atteindre 100 % d’électricité renouvelable et atteindre l’autonomie électrique totale (ne plus importer de ressources énergétiques). Deux niveaux de mobilisation des ressources ont été considérés : les potentiels « favorables » (installations les plus faciles à développer) et les potentiels « élargis ou sous-compromis » (installations techniquement possibles mais nécessitant davantage d’aménagements).

Le scénario 2 apparaît comme le plus équilibré : il permet d’atteindre environ 87 % d’autonomie électrique, d’origine 100 % renouvelable. Autrement dit, 87 % de l’électricité produite en 2050 proviendrait de ressources renouvelables locales. Ce scénario présente trois atouts majeurs : son coût global est comparable, voire inférieur, à celui des autres configurations étudiées ; il garantit un niveau d’autonomie très élevé ; et il nécessite des capacités de stockage nettement plus limitées que les scénarios d’autonomie totale.

Un coût maîtrisé, des bénéfices climatiques nets

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la transition vers un système 100 % renouvelable ne coûtera pas plus cher. L’ADEME estime que, si l’on prend 2025 comme référence, le coût complet du système 100 % renouvelable en 2050 serait inférieur de 15 à 17 % à celui de 2025. Cette baisse s’explique par la diminution des dépenses d’importation de combustibles fossiles, remplacées par des investissements locaux dans les installations de production et de stockage. Le renforcement du réseau resterait limité grâce à une implantation optimisée des moyens de production et de stockage.

Sur le plan climatique, les quatre scénarios étudiés permettent de diviser par près de huit les émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité. Passer du 100 % renouvelable avec importations à l’autonomie totale permet encore de diviser par deux les émissions résiduelles. Comme le précise Yvonnick Durand, coordinateur transition énergétique des ZNI à l’ADEME : « Certes, les équipements renouvelables et les batteries ont une empreinte carbone liée à leur fabrication. Mais celle-ci demeure très inférieure aux émissions liées à la combustion des combustibles fossiles. »

Les défis du déploiement photovoltaïque en Guadeloupe

Le stockage, clé de voûte du système solaire

L’un des principaux défis du photovoltaïque en Guadeloupe réside dans l’intermittence de la production solaire. Contrairement à la géothermie, qui produit de l’électricité en continu indépendamment des conditions météorologiques, le solaire dépend de l’ensoleillement. La Guadeloupe connaît une saisonnalité marquée : certaines années sont très sèches, d’autres plus nuageuses ou très pluvieuses. Ces variations affectent simultanément la production solaire, éolienne et hydraulique.

Le stockage devient donc indispensable pour sécuriser l’approvisionnement. Le scénario d’autonomie totale (scénario 4) nécessiterait environ 2,2 GWh de stockage en 2050. À titre de comparaison, le dernier appel d’offres de la CRE en Guadeloupe a retenu des projets totalisant 64 MWh. L’écart est considérable et souligne l’effort d’investissement à mener pour accompagner le déploiement massif du photovoltaïque par des capacités de stockage adéquates.

Géothermie et biomasse : les piliers complémentaires

Le photovoltaïque ne peut à lui seul assurer l’autonomie énergétique de la Guadeloupe. La géothermie électrogène, exploitée à Bouillante, constitue une ressource renouvelable locale capable de produire de l’électricité en continu, indépendamment des conditions météorologiques. L’ADEME estime son potentiel entre 75 et 90 MW à l’horizon 2050. La biomasse, quant à elle, pourrait représenter jusqu’à 10 % du mix électrique dans les scénarios d’autonomie. Elle constitue également une réserve mobilisable en cas de besoin, réduisant la pression sur les batteries.

Ces deux filières jouent un rôle stratégique : la géothermie stabilise le système en apportant une production constante et pilotable, tandis que la biomasse locale offre une flexibilité précieuse. L’articulation entre ces différentes sources d’énergie renouvelable est essentielle pour bâtir un système électrique résilient en Guadeloupe.

Comment investir dans une centrale photovoltaïque en Guadeloupe ?

Pour les entreprises et les collectivités guadeloupéennes, investir dans une centrale photovoltaïque représente une opportunité à plusieurs titres. D’abord, le gisement solaire est abondant et largement sous-exploité. Ensuite, les dispositifs de soutien aux ZNI (tarifs d’achat, primes à l’autoconsommation, appels d’offres de la CRE) rendent les projets rentables. Enfin, la dimension environnementale et l’autonomie énergétique constituent des atouts de plus en plus valorisés.

Plusieurs configurations sont possibles selon le profil de l’investisseur. Une entreprise peut opter pour l’autoconsommation, comme le fait l’aéroport Maryse Condé, en dimensionnant sa centrale pour couvrir une part de sa consommation. Une collectivité peut développer une centrale au sol sur des terrains disponibles, en injectant la production dans le réseau. Un exploitant agricole peut explorer l’agrivoltaïsme, combinant production électrique et activité agricole sur une même parcelle.

Le choix du développeur et de l’installateur est crucial. TotalEnergies, avec son expérience de 23 sites en Guadeloupe, fait figure de référence. D’autres acteurs spécialisés dans le solaire en zone insulaire proposent également leurs services. Il est recommandé de travailler avec des partenaires disposant d’une expérience avérée dans les ZNI, où les contraintes techniques (résistance cyclonique, humidité, sel) et réglementaires spécifiques nécessitent une expertise adaptée.

Conclusion : la Guadeloupe, laboratoire de la transition énergétique insulaire

La Guadeloupe se positionne comme un véritable laboratoire grandeur nature des transitions énergétiques insulaires. Le projet de centrale photovoltaïque de 6,5 MWc à l’aéroport Maryse Condé, porté par TotalEnergies, en est une illustration concrète : 14 000 modules, 11 GWh par an, 30 % de la consommation de l’aéroport couverte en autoconsommation et 3 400 tonnes de CO₂ évitées chaque année.

Avec un potentiel photovoltaïque estimé à 1 000 MW d’ici 2050, la Guadeloupe dispose des ressources nécessaires pour atteindre un système électrique quasi totalement renouvelable. L’étude de l’ADEME démontre que cette transition est techniquement possible, économiquement viable — avec un coût global inférieur de 15 à 17 % à celui de 2025 — et bénéfique pour le climat, avec une réduction par huit des émissions de gaz à effet de serre. Les défis restent nombreux, notamment en matière de stockage et d’articulation entre les différentes sources renouvelables. Mais la trajectoire est tracée : la Guadeloupe dispose des atouts pour devenir un modèle d’autonomie énergétique pour les territoires insulaires.

Des travaux similaires à ceux menés en Guadeloupe sont conduits à La Réunion, en Guyane, à Mayotte et en Martinique. Ces études alimenteront les futurs travaux « Futurs énergétiques ZNI 2050 », réunissant la Direction Générale de l’Énergie et du Climat, EDF Systèmes Énergétiques Insulaires, la Commission de Régulation de l’Énergie, l’ADEME ainsi que les instances locales. La Guadeloupe apparaît ainsi comme un territoire où l’autonomie électrique n’est plus un slogan, mais un scénario techniquement modélisé, chiffré et désormais débattu.

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