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Hydrogène vert en Guyane : la centrale CEOG d’HDF Energy, un projet pionnier en pleine accélération

Le 29 septembre 2021, le chantier de construction de la Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG) a officiellement débuté en Guyane. Selon un communiqué publié par Hydrogène de France (HDF), il s’agit de la première centrale électrique au monde à hydrogène vert produisant une énergie non intermittente, c’est-à-dire stable et continue, de jour comme de nuit, au même titre qu’une centrale thermique mais sans émettre de pollution. Ce contrat représente un investissement de 170 millions d’euros et a été qualifié de « première mondiale » par Damien Havard, PDG d’HDF, qui a affirmé à l’AFP : « Il n’y a jamais eu de contrat d’énergie renouvelable stable ou non intermittente dans le monde à ce jour ». (source)

Le 24 mars 2026, le journal La Tribune a révélé qu’HDF Energy renonce à un tiers de ses projets de centrales à l’international et priorise la mise en service de la centrale hydrogène adossée à un parc photovoltaïque en Guyane, dont la mise en service est prévue dans le courant de l’année 2026. Ce recentrage stratégique confirme l’importance du projet guyanais dans le portefeuille de l’entreprise bordelaise, qui a choisi de concentrer ses ressources sur ce site pionnier plutôt que de disperser ses investissements sur les quelque vingt pays où elle porte des projets similaires.

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Le projet CEOG trouve ses origines dans une démarche administrative engagée dès 2019. La Société CEOG SAS, dont le siège social est situé au 20 rue Jean Jaurès à Lormont (33310), a sollicité une demande d’autorisation de construire et d’exploiter une centrale photovoltaïque couplée à un stockage d’hydrogène sur le territoire de la commune de Mana (97360), en Guyane. Selon la Direction Générale des Territoires et de la Mer (DGTM) de Guyane, une enquête publique d’une durée de 32 jours a été prescrite du lundi 8 juillet au jeudi 8 août 2019 sur les communes de Mana et de Saint-Laurent-du-Maroni. La société CEOG SAS est représentée en Guyane par Hydrogène de France (HDF), avec Sylvain Charrier comme directeur du développement outre-mer et Alain Cyrille comme directeur d’HDF Energy Guyane.

Qu’est-ce que la centrale CEOG et pourquoi est-elle unique au monde ?

La Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG) est un projet hybride qui combine un parc photovoltaïque avec un système de stockage d’hydrogène vert. Le principe est révolutionnaire : l’énergie solaire produite pendant la journée est utilisée pour produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, puis cet hydrogène est stocké pour alimenter des piles à combustible qui produisent de l&

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rsquo;électricité en continu, y compris la nuit ou par temps couvert. C’est cette capacité à fournir une énergie renouvelable non intermittente qui rend le projet unique à l’échelle mondiale.

Hydrogène vert en Guyane : la centrale CEOG d'HDF Energy, un projet pionnier en pleine accélération
Hydrogène vert en Guyane : la centrale CEOG d’HDF Energy, un projet pionnier en pleine accélération

Comme l’a souligné Damien Havard dans les colonnes du Figaro : « Cela résout un problème fondamental car cela fait une quinzaine d’années que l’intermittence des énergies renouvelables bloque leur développement ». En effet, le principal obstacle au déploiement massif du solaire et de l’éolien a toujours été leur caractère intermittent : on ne produit de l’électricité que lorsque le soleil brille ou que le vent souffle. La centrale CEOG contourne cette limitation en utilisant l’hydrogène comme vecteur de stockage massif, permettant de fournir une électricité stable et pilotable, équivalente à celle d’une centrale thermique classique mais sans émissions de CO2.

La centrale doit per

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mettre l’approvisionnement de l’équivalent de 10 000 foyers guyanais à un coût inférieur à celui des centrales diesel du territoire. Pour la Guyane, territoire non interconnecté (ZNI) qui dépend encore largement des centrales diesel pour son approvisionnement électrique, ce projet représente une avancée majeure vers l’autonomie énergétique et la décarbonation de son mix électrique.

La technologie hydrogène vert d’HDF Energy en détail

Le procédé électrolyse-pile à combustible

La technologie déployée par HDF Energy repose sur deux piliers : l’électrolyse de l’eau et les piles à combustible. Pendant les heures d’ensoleillement, les panneaux photovoltaïques de la centrale produisent de l’électricité qui alimente un électrolyseur. Cet appareil sépare les molécules d’eau (H2O) en hydrogène (H2) et oxygène (O2). L’hydrogène ainsi produit est dit « vert » car il est obtenu à partir d’une source d’énergie renouvelable, sans émission de gaz à effet de serre.

L’hydrogène est ensuite stocké dans des réservoirs sous pression. Lorsque la production solaire diminue ou s’interrompt (la nuit, temps couvert), l’hydrogène est dirigé vers des piles à combustible qui reconstituent de l’eau en combinant l’hydrogène avec l’oxygène de l’air, libérant de l’électricité et de la chaleur. Ce cycle fermé permet une production électrique continue, 24 heures sur 24, indépendamment des conditions météorologiques.

Le partenariat avec Ballard Power System

Créée en 2012, HDF Energy a tissé un contrat d’exclusivité avec le canadien Ballard Power System, leader mondial des piles à combustible. Ces piles sont le cœur technologique de la centrale CEOG : elles permettent de stocker l’hydrogène pour ensuite produire de l’énergie en continu de manière fiable et efficiente. L’entreprise française a par ailleurs annoncé la fabrication de ses propres piles à combustible sur le site industriel de Blanquefort (Gironde), marquant sa volonté d’intégration verticale et de réindustrialisation territoriale.

La Guyane, territoire stratégique pour l’hydrogène vert

Un contexte énergétique unique en France

La Guyane se distingue des autres territoires français par son isolement réseau. Contrairement à l’hexagone, qui est interconnecté au réseau électrique européen, la Guyane est une zone non interconnectée (ZNI) dont le réseau électrique est totalement autonome. Cette particularité impose une production électrique locale pour couvrir la demande, historically assurée par des centrales diesel fonctionnant aux énergies fossiles importées, avec un coût de production parmi les plus élevés de France.

Dans ce contexte, l’hydrogène vert prend tout son sens. La centrale CEOG permet de remplacer progressivement les groupes diesel par une production renouvelable pilotable, réduisant à la fois les coûts et les émissions de gaz à effet de serre. Le fait que la centrale approvisionne 10 000 foyers à un coût inférieur aux centrales diesel démontre la compétitivité économique de l’hydrogène vert dans les ZNI, où le prix de revient des énergies fossiles est mécaniquement plus élevé en raison des coûts d’importation.

Une ambition régionale de transition énergétique

La Guyane s’est fixé un objectif ambitieux de transition énergétique, visant 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2027. La centrale CEOG s’inscrit directement dans cette trajectoire, aux côtés d’autres projets d’énergie renouvelable comme les centrales hybrides de Mana (Voltalia) ou le barrage de Petit-Saut. L’hydrogène vert apporte une réponse au défi spécifique de la Guyane : combiner la production solaire, abondante grâce à un ensoleillement exceptionnel, avec le stockage massif nécessaire pour assurer une alimentation continue sur un réseau isolé.

La commune de Mana, située à l’ouest de la Guyane, accueille ce projet emblématique sur un territoire stratégique. Le choix de ce site répond à plusieurs critères : disponibilité foncière importante, fort ensoleillement, proximité avec les centres de consommation de l’Ouest guyanais (Saint-Laurent-du-Maroni), et compatibilité avec les projets existants de production solaire dans la zone.

Le recentrage stratégique d’HDF Energy : focus sur la Guyane

L’annonce du 24 mars 2026 par La Tribune, selon laquelle HDF Energy renonce à un tiers de ses projets de centrales à l’international, marque un tournant dans la stratégie de l’entreprise. Ce recentrage n’est pas un désengagement mais une priorisation : l’entreprise concentre ses ressources financières et techniques sur la mise en service de la centrale CEOG en Guyane, dont la concrétisation est attendue dans le courant de l’année 2026.

HDF Energy porte des projets similaires de centrale électrique à hydrogène vert dans une vingtaine de pays, dont le Mexique, l’Indonésie et l’Australie. La décision de privilégier le site guyanais s’explique par plusieurs facteurs : maturité du projet (lancé en 2019, en construction depuis 2021), soutien des autorités locales et nationales, cadre réglementaire stabilisé, et conditions économiques favorables liées au coût élevé de l’énergie diesel en ZNI. Le projet CEOG devient ainsi le projet vitrine d’HDF Energy, destiné à démontrer la viabilité technique et commerciale du concept d’énergie renouvelable en continu, avant un déploiement international à plus grande échelle.

Impacts économiques et sociaux pour la Guyane

Emploi et développement local

La construction et l’exploitation de la centrale CEOG représentent un apport économique significatif pour la Guyane. Le chantier, lancé en septembre 2021, a mobilisé des équipes locales et créé des emplois dans les domaines de la construction, du génie civil et de l’ingénierie électrique. L’exploitation de la centrale, une fois mise en service, nécessitera du personnel qualifié pour la maintenance et le pilotage des installations, contribuant à la création d’une filière hydrogène locale.

Au-delà de la centrale elle-même, le projet CEOG participe au développement d’un écosystème industriel autour de l’hydrogène en Guyane. Les compétences acquises par les équipes locales (production, stockage, utilisation de l’hydrogène) sont transferables à d’autres projets d’énergie renouvelable dans le territoire et au-delà.

Sécurité et souveraineté énergétique

La Guyane dépend aujourd’hui largement des importations d’hydrocarbures pour sa production électrique. Cette dépendance expose le territoire à la volatilité des prix du pétrole et du gaz, ainsi qu’aux risques logistiques liés au transport de carburant vers un territoire ultramarin isolé. En remplaçant une partie de la production diesel par de l’énergie renouvelable stockée sous forme d’hydrogène, la centrale CEOG renforce la souveraineté énergétique de la Guyane et réduit sa vulnérabilité aux chocs externes.

L’approvisionnement de 10 000 foyers à un coût inférieur à celui des centrales diesel représente une amélioration directe du pouvoir d’achat des Guyanais, qui subissent une facture énergétique parmi les plus élevées de France. La production locale d’hydrogène vert à partir du soleil guyanais est un levier de compétitivité durable pour le territoire.

Hydrogène vert et solaire photovoltaïque : une synergie structurante

Le projet CEOG illustre la synergie entre le photovoltaïque et l’hydrogène vert, deux technologies complémentaires qui peuvent transformer le paysage énergétique des Antilles-Guyane. Le photovoltaïque fournit l’électricité décarbonée nécessaire à la production d’hydrogène vert par électrolyse, tandis que l’hydrogène résout le problème du stockage massif et de la production continue, deux limites majeures du solaire seul.

Pour les acteurs du solaire photovoltaïque en Guyane et aux Antilles, l’émergence de la filière hydrogène ouvre de nouvelles perspectives. Les installations photovoltaïques de grande capacité, comme celles déployées sur les communes de Mana, Saint-Laurent-du-Maroni ou Kourou, peuvent au-delà de l’alimentation directe du réseau contribuer à la production d’hydrogène vert. Cette combinaison solaire-hydrogène maximise la valeur de chaque kWh produit et ouvre des débouchés au-delà de la seule injection sur le réseau électrique.

La baisse continue des coûts des panneaux solaires et des électrolyseurs, évoquée dans les commentaires du Figaro par des lecteurs experts, rend cette combinaison économiquement soutenable. Le modèle économique de la centrale CEOG, qui repose sur un contrat de longue durée avec le réseau guyanais, est reproductible dans d’autres ZNI (Guadeloupe, Martinique) ou dans des territoires isolés du monde entier, ce qui explique l’ambition internationale d’HDF Energy.

Les défis et perspectives de l’hydrogène vert en outre-mer

Malgré son potentiel, le déploiement de l’hydrogène vert en outre-mer se heurte à plusieurs défis. Le coût initial d’investissement reste élevé : la centrale CEOG représente 170 millions d’euros, un montant qui nécessite un financement mobilisant à la fois des capitaux privés et des soutiens publics. La Banque européenne d’investissement (BEI) accompagne financièrement HDF Energy, comme l’a mentionné Le Figaro, illustrant le rôle des institutions européennes dans le financement de la transition énergétique en outre-mer.

La réglementation environnementale constitue un autre enjeu. Le projet CEOG a nécessité une enquête publique de 32 jours et la production d’un dossier d’autorisation environnementale complète, incluant études d’impact, plans de masse et consultation du public. Ce parcours administratif, bien que nécessaire, allonge les délais de mise en service. L’expérience acquise avec CEOG peut cependant faciliter le développement de projets similaires en réduisant les incertitudes réglementaires.

Enfin, la question de la compétitivité technologique reste centrale. Damien Havard lui-même a reconnu : « Nous n’avons pas encore de concurrent, mais nous allons en avoir ». Des géants comme Total et Engie développent des projets de centrales à hydrogène, ce qui pourrait accélérer l’innovation et faire baisser les coûts. Pour les territoires d’outre-mer, cette concurrence naissante est une bonne nouvelle : elle signifie que l’hydrogène vert deviendra une option de plus en plus accessible et compétitive.

Conclusion : la Guyane, laboratoire mondial de l’hydrogène vert

La centrale CEOG en Guyane n’est pas seulement un projet de production électrique : c’est un projet pionnier qui démontre la viabilité de l’hydrogène vert comme solution au défi de l’intermittence des énergies renouvelables. Avec un investissement de 170 millions d’euros, l’approvisionnement de 10 000 foyers et une technologie unique au monde, ce projet positionne la Guyane comme un territoire d’innovation énergétique à l’échelle internationale.

Le recentrage stratégique d’HDF Energy, qui priorise la mise en service de la centrale guyanaise en 2026, confirme la maturité du projet et son rôle de vitrine technologique. Pour les habitants et les entreprises de Guyane, l’arrivée de cette centrale signifie une électricité plus propre, plus stable et moins chère, tout en renforçant la souveraineté énergétique du territoire.

Pour les Antilles-Guyane dans leur ensemble, le projet CEOG ouvre la voie à une nouvelle ère énergétique. La combinaison du photovoltaïque et de l’hydrogène vert, démontrée à Mana, est reproductible et adaptable aux contextes de la Guadeloupe, de la Martinique et des autres ZNI. L’avenir énergétique de nos territoires se construit aujourd’hui en Guyane, et la centrale CEOG en est le symbole le plus prometteur.

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